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A la découverte des terres exotiques et sauvages du Grand Nord calédonien

Sur la route gravillonneuse de l’extrême Nord de la Nouvelle Calédonie, les micro-vibrations parcourent l’habitacle de l’automobile jusqu’à la pointe des cheveux ! Alentours, le sol vallonné et podzolique ne tolère quasiment que le niaouli. Entre silice, latérite et argile, les gammes de rouges et d’écrus sont déclinées à l’in­fini, conférant au paysage une harmonie de couleurs qui signe l’identité originale du Grand Nord Calédonien.

« Robinsonade » sur les îlots de la côte Nord-ouest de Nouvelle-Calédonie

tour-nouvelle-caledonie-bord-de-mer-poumLa première escale de l’exploration septentrionale a lieu à quelques encablures de Poum.

Dans la baie de Malabou, lorsque l’alizé s’essouffle, le lagon turquoise révèle sa multitude d’îlots. Ils éveillent l’âme de « Robinson Crusoë » de tout visiteur en quête d’évasion. Certains se laissent tenter par l’aventure.

Au départ de la plage, l’insubmersible « STABICRAFT » rouge – qui a récemment navigué pour le reality-show Koh Lanta – prend à son bord les Robinson en herbe, à destination des îlots Ouanne ou Tchambouene.

Confortablement installés sur la banquette – extra équipée avec accoudoirs intégrés – la demi-heure de navigation permet de découvrir une baie cristalline, des bancs de poissons argents nageant en surface, et parfois, quelques dauphins.

L’îlot Ouanne, plus proche, est prudemment choisi, en raison du vent d’est/sud-est qui se lève en cette mi-matinée. L’eau translucide est une irrésistible invitation.

Après avoir déchargé l’équipement du parfait campeur, la présentation des lieux démarre par la côte exposée au vent et sa nurserie de requins à pointe noire. La valse des petits prédateurs au milieu d’un banc de « prêtes », bien qu’intimidante, reste infiniment moins effrayante que la ronde tourmentée d’une adulte qui s’apprête à mettre bas !

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La côte sous le vent, plus rassurante, avec son grand platier, est également le lieu de ponte favori des tortues de la baie. La saison démarrant, il est indispensable de reconnaître les nids, de les délimiter et les protéger. Après les recommandations avisées du skippeur concernant les sternes, et autres espèces protégées de l’îlot, il est temps pour les aventuriers de monter seuls leur campement et de s’immerger à la découverte des fonds marins du Grand Nord Calédonien – côté platier, il va sans dire…

Des poissons-papillons accueillent les plongeurs, qui progressent lentement en direction de la forêt de corail distante de quelques mètres. Du corail éponge qui pourrait s’effriter sous leurs doigts, aux gorgones d’un rouge vif qui se dressent comme des candélabres devant eux.

Les éclats de couleurs et de formes sont le premier spectacle de la randonnée palmée. Des picots exécutent une traversée fluide et gracieuse.

Progressivement, les respirations se calment, les battements de coeurs s’apaisent, pour faire corps avec la vie qui défile en dessous. Alors, les gros poissons quittent leur abri de corail : un jeune dawa solitaire broutant les algues, un énorme napoléon bleu au regard circonspect, et même une petite loche saumonée qui fait la moue avec ses grosses lèvres boudeuses.

Au loin, dans des eaux bleu-profond, on devine une ombre gigantesque, balayant l’eau de ses longues ailes, probablement une raie léopard de plus d’un mètre d’envergure.

Après une quarantaine de minutes d’une danse de poissons récifaux et quelques passages de prédateurs – requins de récifs essentiellement – les aventuriers du Grand Nord calédonien regagnent la plage.

Une ou deux tortues à grosse tête venues respirer en surface pointeront leur nez à la lueur du soleil couchant, mais cette nuit, aucune d’entres elles ne viendra pondre sur l’îlot Ouanne. Emerveillés et extenués, les campeurs s’endorment bercés par le clapotis des flots et l’agréable bruissement des branches de cocotiers que caresse la brise estivale.

Retour matinal sur la terre ferme après une expérience « robinsonne » intense.

Boat Pass, Poingam...voyage au « bout du monde » calédonien

tour-nouvelle-caledonie-nord-boat-passUne intersection discrète signalée par un pieu et ses flèches de bois indiquent la direction de Boat Pass et Poingam : dix-sept kilomètres plus au nord.

Cahotée et poussiéreuse, la voiture achève lentement son raid sur la piste exotique et sauvage du Grand Nord Calédonien.

Finalement, il était judicieux de ne pas s’être aventuré à la découverte de ce petit bout du monde avec un tout-terrain décapotable !

La piste de sable s’étire indéfiniment en laissant un nuage rougeâtre vaporeux recouvrir le pare-brise de la voiture.

Dans ce désert de niaoulis, alors que le bord de mer restait jusqu’à présent hors de vue, un bassin de sable surréaliste se détache du décor. Une vingtaine de chevaux, se dégourdissent les sabots dans cette lagune de sable clair cernée par la végétation environnante.

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A milles lieues d’une mangrove bordée de classiques palétuviers, son écrin formé de cocotiers, gazon et bosquets, lui confère l’allure d’une oasis tropicale. Sur la piste, le belvédère domine largement la côte. Là se déroule le majestueux spectacle des chevaux sauvages reprenant leur galop ensablé avant de se fondre dans cette cocoteraie naturelle qui émerge d’une toile de fond bleu lagon.

Sur cette pointe extrême et isolée, c’est un relais fondu dans la végétation, à Poingam, qui accueille les visiteurs.

Si sa plage de sable fin n’a rien à envier aux plus beaux îlots du Grand Nord, sa charmante « tente du pêcheur » est une oeuvre hallucinante de savoir-faire. Les matériaux – on ne peut plus locaux – sont agencés avec art pour réaliser des objets du quotidien très fonctionnels. Un bénitier préhistorique géant en guise de lavabo, des trocas pour robinets, des tuyaux de bambous… Un délicieux cocon après une première nuit en sac de couchage !

Pourtant, l’explosion de plaisir et de saveurs a lieu dans l’assiette, avec de surprenants mets aux couleurs locales.
De la salade de pourpier de mer déroutante et originale, en passant par le jambon de cerf, le rougail coco, et la dégustation du « monstre de mer » (un crabe gargantuesque) : le voyage gastronomique est parfait !

L’après-midi « digestive », avec balade d’une heure et demie sur les collines de Poingam, offre une succession de panoramiques sur le lagon de l’extrême nord-est.

tour-nouvelle-caledonie-nord-poingamA cette altitude, l’écume blanche générée par les vagues de l’Océan Pacifique qui viennent mourir sur la barrière de corail, semble étrangement proche. Le chien du gîte est le guide discret de cette jolie randonnée (bien balisée), qui se termine les pieds dans l’eau.

A marée basse, la recherche des fameuses étoiles de mer géantes aux teintes grenat, est l’occasion de se faire caresser les pieds par les flots tièdes et salés.
Idyllique ! Mais, les confins de la Grande Terre se trouvent encore plus loin.

Quelques longues minutes cahin-caha sur la piste de terre rouge et sable, avant d’atteindre Boat Pass.
Au bout du monde, la pointe Nahârian, hésite entre plage et mangrove, entre sable et rochers, et revêt une allure différente en fonction de la marée.

Sur sa rive, un bateau rose improbable, arbore un dauphin bleu amusé aux traits enfantins. En levant le regard, même l’île de Bâaba, distante d’à peine une passe, ne saurait atténuer cette étourdissante vague de Liberté. Le quotidien n’a plus cours.

Respirer, méditer… Comme un alpiniste foulant le sommet de l’Everest après une interminable ascension : se sentir accompli… Vivant !