primi sui motori con e-max

Un code social fort

La coutume est un véritable mode de vie, un code de relations sociales comme il en existe partout à travers le monde. Selon les circonstances, elle s’avère plus ou moins complexe. Les rassemblements coutumiers marquent les temps forts de la vie sociale kanak (fête des nouvelles ignames, mariages, naissances ou deuils).

À cette occasion, on prononce de longs discours. On récite les généalogies et leurs histoires. On échange des dons et des contre-dons. Faire la coutume c’est établir une relation privilégiée et unique avec un individu ou un groupe d’individus en un temps précis. C’est se reconnaître l’un l’autre. Les échanges de paroles s’appuient sur des dons, dont les plus importants sont traditionnellement les monnaies kanak qui représentent l’ancêtre du clan et les ignames sacrées.

Par le geste coutumier, on reconnaît la hiérarchie de la chefferie, ses structures séparées par des droits et une gestion semblables à ceux des communes.

Dans les tribus, il y a un ordre, un pouvoir à respecter. C’est donc à la grande chefferie qu’il faut demander l’autorisation d’accéder à la mer, à la montagne, de circuler sur les terres de la tribu. Ce geste primordial et essentiel est accompli par les responsables des organismes touristiques.

Une fois ce geste accepté, ils peuvent ensuite vendre leurs prestations aux touristes. Ainsi lorsque vous arriverez en tribu les principales autorisations auront déjà été données. Le grand chef aura réparti les dons selon la hiérarchie et l’organisation propres à la tribu.

La coutume d’accueil

En dehors de Nouméa, la culture kanak fait partie du quotidien et il est d'usage, lorsqu'on arrive dans une tribu, de s'adresser au petit chef ou au grand chef (s'il est disponible) et de lui faire un présent dont l'importance croîtra en fonction de vos demandes (billet de 1 000 F enroulé dans un manou). C'est ce qu'on appelle ici "faire la coutume".

De la même manière que vous n’arriveriez pas les mains vides chez quelqu’un dans votre pays, le respect du peuple kanak passe par cet usage très répandu et que vous ne sauriez ignorer. En échange, vous serez chaleureusement accueilli et l'on vous rendra cette offrande au centuple en vous faisant déguster spécialités et fruits de la région ou en vous invitant à partager un moment de découverte unique. Le respect de la coutume peut aussi se manifester par l'interdiction de pénétrer dans certains lieux tabous sans l'autorisation préalable des chefs de clan ou de tribu.

Avant de visiter ces endroits, vous serez parfois conduit à faire une requête verbale ou un geste rituel lors d'une cérémonie coutumière au cours de laquelle des paroles de bienvenue seront prononcées après un échange de présents. N'hésitez pas à vous renseigner auprès des Kanak que vous rencontrerez, ils vous expliqueront le sens de ces gestes symboliques et vous indiqueront la procédure à suivre.

Comment faire ?

Le geste coutumier est une marque d'attention qui s'accomplit dans la plus grande simplicité.

Lorsque vous êtes invités chez un ami, vous lui apportez une bouteille de vin, un bouquet de fleurs, un présent. En tribu, c'est la même chose, et pour établir une relation avec vos hôtes, vous offrirez un manou (que vous trouverez facilement dans les curios ou les boutiques de brousse, un billet de 500 ou de 1 000 francs, du riz ou des vivres (notamment si vous allez dans une tribu très éloignée des commerces), ou même un souvenir de votre pays d'origine.

Car, davantage que l'objet c'est le geste et les paroles qui comptent. Celles prononcées par les Kanak (s'ils acceptent votre coutume) vous indiqueront que désormais vous êtes leur hôte, qu'ils vous protégeront. Veillez alors à ne pas les interrompre. Ensuite viendra votre tour, et vous exprimerez avec humilité votre joie d'être accueilli et remercierez vos hôtes pour ce partage. Leur manière d'être à votre écoute et de vous témoigner du respect sera souvent de baisser les yeux. N'en soyez donc pas étonnés.